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Antennes-relais et santé : ce que révèle une étude scientifique sur l'exposition à long terme.
Aujourd’hui omniprésentes dans notre environnement urbain et rural, les antennes-relais de téléphonie mobile suscitent régulièrement des interrogations quant à leur impact sur la santé humaine. Pour apporter des réponses scientifiques rigoureuses, une équipe internationale de chercheurs a publié en 2024 une étude majeure dans la revue Ecotoxicology and Environmental Safety.
Cet article fait le point sur leurs découvertes concernant l'exposition chronique aux radiofréquences et les risques potentiels d'instabilité génétique. Voilà de quoi sérieusement contraster le dernier rapport de l'ANSES publié plus tôt dans l'année.

Une méthode scientifique rigoureuse sur le terrain
L'objectif principal des chercheurs était d'évaluer les effets biologiques d'une exposition non thermique et prolongée (au moins 5 ans) aux rayonnements émis par les antennes-relais GSM et LTE chez des riverains en Allemagne.
Pour mener cette enquête, l'équipe a mis en place un protocole expérimental exigeant :
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Deux groupes comparables : 24 adultes sains vivant dans la même région ont été répartis en deux groupes :
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Un groupe exposé (12 personnes) résidant à proximité immédiate d'une antenne-relais (entre 75 et 160 mètres).
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Un groupe témoin (12 personnes) vivant plus à distance (entre 490 et 1 020 mètres).
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Mesures environnementales précises : Des relevés détaillés des expositions aux rayonnements ont été effectués au domicile des participants, notamment dans les chambres à coucher durant la nuit, afin d'isoler les fréquences des antennes-relais des autres sources domestiques (comme le Wi-Fi ou le téléphone fixe DECT).
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Neutralisation des facteurs de confusion : L'âge, le sexe, l'alimentation, le tabagisme, la consommation d'alcool, l'exposition à des examens radiologiques médicaux (rayons X, scanners) ainsi que les risques professionnels ont été analysés pour garantir qu'aucun autre facteur ne vienne biaiser les résultats.
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Analyses en double aveugle : Les prélèvements sanguins ont été analysés en laboratoire sans que les techniciens ne connaissent la provenance des échantillons.
Ce que révèlent les analyses biologiques
Les chercheurs ont étudié plusieurs marqueurs sanguins afin d'évaluer la présence d'un éventuel stress oxydatif ou de dommages à l'ADN.
Le résultat majeur : des aberrations chromosomiques plus fréquentes
L'enseignement principal de l'étude réside dans une augmentation statistiquement significative du taux d'aberrations chromosomiques dans les lymphocytes sanguins des personnes du groupe exposé. Ces altérations comprennent notamment des anomalies dans la structure des chromosomes, ainsi que des cassures des chromosomes.
Les auteurs rappellent que les aberrations chromosomiques constituent des dommages cytogénétiques permanents et non réparables par les mécanismes cellulaires classiques, contrairement à d'autres altérations temporaires de l'ADN.
Quelles sont les conséquences d’une aberration chromosomique ?
L'impact d’une aberration chromosomique dépend surtout de quel chromosome est concerné, de quelle partie est touchée, de la quantité de matériel génétique en plus ou en moins et du fait que l'anomalie soit présente dans toutes les cellules ou seulement certaines.
Les principales conséquences possibles sont les suivantes :
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Retard du développement ou difficultés d’apprentissage (développement intellectuel, langage ou les capacités motrices).
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Malformations congénitales (cœur, les reins ou le système nerveux)
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Troubles de la croissance
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Troubles de la fertilité
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Fausses couches
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Syndromes génétiques spécifiques (trisomie 21)
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Risque accru de certains cancers
Pourquoi cette étude interpelle-t-elle sur les normes actuelles ?
Les normes internationales fixées par des organismes comme l'ICNIRP visent principalement à prévenir les effets thermiques à court terme (l'échauffement des tissus corporels suite à une exposition intense).
Cependant, les auteurs de l'étude soulignent deux limites fondamentales des réglementations en vigueur :
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La durée d'exposition est ignorée : Les limites d'exposition actuelles ne prennent pas en compte le facteur temps ni l'accumulation possible d'effets sur plusieurs années d'exposition.
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Un mécanisme biologique crédible : L'observation d'aberrations chromosomiques apporte un mécanisme biologique plausible qui pourrait expliquer les études épidémiologiques antérieures ayant rapporté une hausse possible de l'incidence de certains cancers à proximité.
En conclusion
Cette étude montre qu'une exposition chronique de plusieurs années aux signaux GSM et LTE à des niveaux d'intensité environnementaux habituels est associée à une hausse de l'instabilité génétique sous forme d'aberrations chromosomiques.
Les chercheurs préconisent d'approfondir les travaux sur la relation dose-effet et suggèrent d'intégrer les données de dommages chromosomiques permanents pour définir, à l'avenir, des seuils de protection de la population plus adaptés aux expositions de longue durée.
Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0147651324005621
Par Emmanuel Oroy - octobre 2026
